Skip to content

Prévention des maladies à transmission vectorielle par la modélisation spatiale

Dans le cadre du projet AfriCam du PREACTS, Mauricianot Randriamihaja travaille à la conception d’un système de modélisation spatiale capable de prévenir les épidémies de moustiques, en complément de la surveillance communautaire à Madagascar.

Mauricianot Randriamihaja, doctorant malgache, est spécialisé dans la modélisation spatiale. Il termine actuellement sa thèse intitulée  » Application de la modélisation spatiale pour améliorer la surveillance communautaire des maladies infectieuses dans un district rural de Madagascar « . Son travail de recherche, intégré à AfriCam dans le cadre du partenariat avec l’ONG Pivot, est encadré par Andres Garchitorena (pilote PREACTS pour l’IRD) et Michelle Evans (Pivot). Il soutiendra sa thèse en décembre prochain.

À l’aide d’un système combinant des enquêtes sur le terrain, des images satellites et des algorithmes, son travail facilite la prise de décision pour optimiser les programmes de surveillance active au niveau communautaire et réduire les habitats des larves de moustiques dans le district d’Ifanadiana, dans le sud-est de Madagascar, prévenant ainsi le risque de paludisme et de dengue au sein des communautés.

PREZODE: Quel est le contexte de votre recherche ?

Mauricianot Randriamihaja: La région d’Ifanadiana est particulièrement touchée par le paludisme et la dengue : le climat est très propice à la culture du riz et il y a deux récoltes par an, en mars/avril et en septembre/octobre. Ces saisons coïncident avec les fortes pluies, particulièrement intenses dans cette partie de l’île. Les inondations, en particulier dans les rizières, favorisent la prolifération des moustiques, qui y trouvent des lieux de reproduction adéquats ; leur population menace les agriculteurs, les riziculteurs et les communautés voisines de maladies infectieuses à transmission vectorielle.

Avec le changement climatique, la hausse des températures et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des précipitations, la régularité des saisons et les épisodes d’inondation des champs sont également perturbés… Le comportement des moustiques change et ils deviennent plus résistants aux insecticides. Il est donc difficile de savoir quand ils vont proliférer. Les risques de transmission du paludisme et de la dengue sont encore accrus par les activités humaines, telles que l’utilisation de ressources en eau non protégées, l’absence de drainage des eaux stagnantes et l’utilisation insuffisante ou inexistante de moustiquaires (parfois transformées en filets de pêche).

En quoi consiste votre travail de recherche ?

Mon travail porte sur la modélisation spatiale. Il intègre divers domaines d’étude, englobant la collecte, l’organisation et l’interprétation des données. Pour cette modélisation, nous avons d’abord effectué un suivi à grande échelle des rizières inondées en utilisant une approche cartographique participative du district. Le projet englobe 17 000 rizières, 20 000 km de sentiers et 100 000 bâtiments. Cela nous a permis d’effectuer une analyse spatiale intégrée, qui a consisté à croiser les données environnementales, démographiques, socio-économiques et sérologiques afin d’identifier les facteurs associés à l’émergence des maladies infectieuses.

La deuxième phase a consisté à détecter et à modéliser les habitats des vecteurs à l’aide d’images satellite radar. Combinée aux données de terrain, cette technologie nous permet de créer des modèles détaillés des zones inondées propices à la reproduction des moustiques. Cette technique d’imagerie permet de voir à travers la couverture nuageuse. Les techniques d’imagerie conventionnelles sont incapables de différencier les zones d’eau libre des jeunes rizières, où les larves se développent.

Quels sont les développements que nous attendons tous ?

La combinaison de cette cartographie avec des données satellitaires permet une modélisation spatiale : nous pouvons prédire les zones à risque d’inondation qui sont susceptibles d’être fortement infectées, et alerter les communautés avant les épisodes de développement larvaire des moustiques. Cette technique permet d’optimiser la surveillance et l’action communautaire. L’utilisation de larvicides dans les rizières est ainsi plus rationnelle, plus ciblée et plus efficace.

Homment votre Votre projet s’inscrit-il dans les objectifs de PREZODE ??

Actuellement, le projet se concentre principalement sur le district d’Ifanadiana à Madagascar, une zone qui s’étend sur 3 971 kilomètres carrés, avec plus de 17 000 rizières, où le paludisme est répandu. Le système de surveillance peut être reproduit et déployé à plus grande échelle pour prévenir certaines zoonoses transmises par les moustiques. Il est particulièrement adapté aux régions isolées, notamment lorsque l’agriculture irriguée joue un rôle important dans la transmission et que les populations sont très éloignées des routes et des centres de soins. Veuillez trouver ci-dessous les détails pertinents pour vos dossiers. Cette initiative contribue à améliorer les services de santé dans les zones rurales. Les informations collectées par ce système d’alerte sont accessibles via des applications web, à la disposition des agents de santé et des opérateurs de lutte antivectorielle, qui peuvent ainsi alerter la population.

Mauricianot a déjà publié son étude dans plusieurs publications :

Sujets connexes