Les points chauds de la biodiversité sont des régions terrestres comptant au moins 1 500 espèces uniques de plantes vasculaires qui ont perdu 70 % ou plus de leur habitat naturel d’origine (Mittermeier et al. 2004). Ces régions peuvent devenir des points chauds d’émergence de zoonoses.
Le point chaud de biodiversité des îles des Caraïbes est l’une des 36 zones de ce type dans le monde. Façonné par la géographie et le climat de la région, il s’agit d’un centre mondial de biodiversité endémique. L’écosystème est gravement menacé. Selon les experts, il ne reste qu’environ 10 % de son habitat d’origine. La croissance démographique continue et l’évolution des modes d’utilisation des sols continuent de mettre en péril l’habitat restant, tout comme les catastrophes naturelles.
Le hotspot des îles des Caraïbes abrite une riche biodiversité dans des écosystèmes variés, avec des niveaux élevés d’endémisme. Il abrite environ 11 000 espèces végétales, dont 72 % sont endémiques (Acevedo-Rodriguez & Strong 2007). Parmi les vertébrés, l’endémisme est particulièrement élevé chez les amphibiens (96 % de 200 espèces) et les reptiles (82 % de 602 espèces), probablement en raison de leur faible taux de dispersion. En revanche, les oiseaux (26% de 565 espèces) et les mammifères (49% de 104 espèces, principalement des chauves-souris) présentent des niveaux d’endémisme plus faibles (BirdLife International 2017 ; UICN 2017a). Les espèces uniques au hotspot représentent 2,5 % des 310 442 espèces végétales décrites dans le monde et 1,4 % des 68 574 espèces vertébrées décrites (UICN 2017a). Les données sur la biodiversité marine restent incomplètes, mais les quelque 12 000 espèces marines recensées dans les Caraïbes sont probablement largement sous-estimées. La mort massive des récifs coralliens pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la vie marine et les personnes qui en dépendent.
*Sources : Caribvet, CEPF, CANARI, Conservation International, BirdLife International, UICN et NYBG.