14-17 juin 2022, à Gand (Belgique)
Conférence Alternet
C’est sous ce titre qu’Alternet Europe, le réseau regroupant les principaux instituts de recherche de 21 pays européens, a organisé une conférence du 14 au 17 juin 2022 à Gand (Belgique). Elle a rassemblé environ 150 participants d’horizons divers - scientifiques, experts, ONG et spécialistes des politiques - pour discuter des solutions fondées sur la nature.
PREZODE a organisé une session complète reliant les systèmes alimentaires durables et la biodiversité à l’émergence de maladies zoonotiques. Eeva Furman, Serge Morand, Juliette Young, Jean-Luc Guérin et Mariette Ducatez ont présenté leur point de vue sur le sujet et discuté des solutions pour concilier la biodiversité et les systèmes alimentaires durables tout en réduisant les risques d’émergence de maladies zoonotiques.
La réunion de PREZODE avait trois objectifs principaux :
- rassembler une communauté de scientifiques autour d’une approche « Une seule santé » dans le domaine de la biodiversité, des systèmes alimentaires durables et de la gestion des risques zoonotiques ;
- souligner l’importance de la biodiversité pour des systèmes alimentaires durables et à faible risque ;
- encourager les politiques publiques en matière d’utilisation des sols et de gestion des systèmes alimentaires.
Écologie des virus aviaires : des oiseaux à l’homme, le défi de la biosécurité dans les systèmes alimentaires
Jean-Luc Guérin, professeur de pathologie aviaire et de volaille, directeur de l’unité mixte Interaction hôte-pathogène à l’INRAE, et Mariette Ducatez, directrice de recherche à l’INRAE, ont prononcé un discours sur « L’écologie des virus aviaires : de l’oiseau à l’homme, le défi de la biosécurité dans les systèmes alimentaires ».
Ils ont présenté leurs conclusions sur la grippe aviaire dans différentes zones et régions du monde, soulignant l’expansion des variantes et les difficultés à prévenir la propagation. Evoquant le conflit entre la demande des consommateurs pour la protection des volailles élevées en plein air et les menaces pesant sur l’environnement naturel, Jean-Luc Guérin a souligné la nécessité de réorienter la production afin de réduire les modèles de production intensive dans les zones prioritaires (points chauds). Il a également souligné que l’amélioration des connaissances communes (des agriculteurs, des citoyens, etc.) faciliterait la transformation.
Mariette Ducatez a présenté une série de cas de maladies chez les populations de volailles dans différentes régions d’Afrique, en soulignant les interactions entre les animaux domestiques et l’environnement, ainsi que les conditions de transport et de commerce, qui augmentent les risques de contamination.
Table ronde : Concilier la biodiversité et la prévention de l’émergence de maladies zoonotiques dans les systèmes alimentaires durables
Une table ronde a réuni Eeva Furman, ancienne directrice de l’Environmental Policy Center au Finnish Environment Institute (SYKE), Serge Morand, chercheur, spécialiste de la biodiversité et de l’écologie des maladies, membre du One Health High-Level Expert Panel, Juliette Young, senior scientist avec une formation mixte en écologie et en sciences politiques à l’INRAE, et Jean-Luc Guérin pour échanger sur le sujet : « Concilier biodiversité et prévention de l’émergence des zoonoses dans les systèmes alimentaires durables ».
Tous les intervenants se sont accordés à dire que l’interdisciplinarité prônée par le concept « One Health » est essentielle pour mettre en œuvre des systèmes alimentaires durables qui favorisent la biodiversité et limitent le risque d’émergence de zoonoses.
Pour Eeva Furman, la question de la prévention souligne l’importance d’un lien solide entre le microbiote humain et le microbiote naturel, qui doit être assuré par un contact physique efficace, en particulier au cours des 1000 premiers jours. En ce qui concerne les réponses aux maladies infectieuses, outre les solutions pratiques et techniques (vaccins, abattage), nous devons préserver les fonctions de l’écosystème et permettre le contact de l’homme avec la nature dans les villes en expansion, adoptant ainsi une approche de santé planétaire.
Juliette Young a partagé son expérience de travail sur la maladie forestière de Kyasanur (KFD) dans le sud de l’Inde. Elle a expliqué comment une approche participative avec la communauté et l’implication des parties prenantes ont permis de trouver des solutions durables et de mettre en place une surveillance plus efficace adaptée au contexte économique et culturel.
Serge Morand a fait part de sa pratique auprès d’une communauté thaïlandaise confrontée à des maladies zoonotiques principalement associées aux rongeurs. La protection de la biodiversité et la réduction de l’émergence des zoonoses sont étroitement liées. Les solutions terrestres telles que les programmes de reforestation semblent contribuer à réduire le risque d’infection. En outre, il ne sert à rien de demander aux gens de comprendre les valeurs de la science sans demander aux scientifiques de comprendre les connaissances et les valeurs de toutes les autres parties prenantes. Il s’agit d’une étape nécessaire pour obtenir l’engagement de la communauté et de l’administration et pour progresser vers le « partage » des connaissances.
Jean-Luc Guérin a expliqué comment la recherche peut aider à comprendre quels sont les principaux facteurs qui amènent les virus à changer et leurs variantes à infecter différentes zones et pratiques de production de volailles dans le monde entier.
La conférence a également permis à Helena Ladreyt, épidémiologiste, responsable de la santé publique vétérinaire, et Elisa Bohin, responsable de la santé publique vétérinaire, de présenter les résultats des ateliers de co-construction de PREZODE qui se sont tenus en 2021 et 2022.
Plus d’informations :
Page web de la conférence Alternet