Skip to content

Contexte

Publié dans the Lancet, il est cosigné par les cofondateurs de PREZODE Marisa Peyre, Gwenaël Vourc’h, Thierry Lefrançois, Yves Martin-Prevel, Jean-François Soussana et Benjamin Roche.

Depuis la mi-février 2021, le virus SARS-CoV-2 avait tué environ 2 millions de personnes dans le monde et causé de profonds dommages économiques. Les conséquences ultimes de cette crise sont difficiles à prévoir mais, d’un point de vue sanitaire, économique, sociologique et écologique, le bilan est déjà considérable. Néanmoins, cette menace n’est pas nouvelle. Les préoccupations liées à une pandémie mondiale se sont manifestées à de nombreuses reprises, et la plupart des pays disposaient déjà de plans de préparation aux urgences. Cependant, les limites de ces plans ont été révélées par la pandémie actuelle de coronavirus. Les raisons de ces insuffisances sont nombreuses et mettent en lumière une idée fausse : contrairement aux approches actuelles, les stratégies de prévention devraient être mises en œuvre avant que la maladie n’émerge dans les populations humaines.

Au cours des dernières décennies, le dépistage des pathogènes a été développé pour anticiper la prochaine pandémie. Bien que l’isolement des pathogènes d’origine animale reste important, il ne suffit pas pour empêcher leur émergence. Il est temps de franchir une étape supplémentaire, à savoir déployer conjointement la recherche académique, la collaboration intersectorielle sur le terrain et l’engagement des acteurs opérationnels en première ligne des épidémies, afin d’envisager des stratégies de prévention menant à la réduction des risques d’émergence.

Un tel dispositif est au cœur de l’initiative PREZODE (PREventing ZOonotic Disease Emergence), un projet français qui a suscité l’intérêt de l’Alliance tripartite (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Organisation mondiale de la santé animale et OMS), ainsi que du Programme des Nations Unies pour l’environnement, de la Banque mondiale, de la Commission européenne et de pays partenaires. Annoncée lors du One Planet Summit le 11 janvier 2021, l’initiative PREZODE a été préparée à travers une série d’ateliers en ligne qui ont réuni près de 400 chercheurs et autorités de santé publique de 50 pays sur les cinq continents.

PREZODE a organisé des ateliers de co-construction en 2021 et 2022 dans neuf zones du monde[1], pour élaborer son agenda scientifique. Environ 1 800 contributeurs de 128 pays ont été identifiés à travers les différents ateliers. En plus de l’échelle internationale de ce processus, différents secteurs étaient représentés parmi les participants/acteurs, ce qui a apporté une dimension intersectorielle au processus de co-construction.

[1] Afrique centrale, Europe, océan Indien, Amérique latine et Caraïbes, Afrique du Nord/Moyen-Orient, Asie du Sud, Asie du Sud-Est/Asie de l’Est et Pacifique, Afrique australe et orientale, États-Unis/Canada et Afrique de l’Ouest.