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BRIEFING : Déclaration politique de l’ONU sur la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie (2026)

Que faut-il faire pour renforcer la prévention des pandémies ?

Introduction

L’ONU sera convoquée par le président de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2026 pour adopter une nouvelle déclaration politique sur la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie (PPR). Cette déclaration s’appuiera sur la première déclaration politique sur la prévention des pandémies, adoptée en 2023 lors de la réunion de haut niveau des Nations unies, en reconnaissance du fait que le COVID-19 a mis en évidence de graves lacunes aux niveaux national, régional et mondial dans la prise en charge des situations d’urgence sanitaire. La négociation d’une nouvelle déclaration politique tiendra également compte des leçons tirées de l’accord sur les pandémies adopté par l’Assemblée mondiale de la santé en mai 2025 et de la nécessité d’élaborer des engagements, des objectifs et des actions complémentaires. Cette brève note se concentre sur les engagements spécifiques nécessaires dans la déclaration politique de 2026 sur la prévention des pandémies et l’initiative « Une seule santé ».

Contexte et cadre juridique

La déclaration politique sur la prévention des pandémies de septembre 2026 fixera des objectifs ambitieux et aura le poids politique nécessaire pour faire progresser l’engagement mondial en faveur du renforcement de la gouvernance de la santé. La déclaration politique de 2023 sur la PPR a offert un cadre initial sur la manière dont la prévention des pandémies et l’approche « Une seule santé » devraient être intégrées dans les efforts mondiaux pour faire face aux futures pandémies. La déclaration de 2023 reconnaît explicitement la valeur de l’approche « Une seule santé », en soulignant l’importance de favoriser la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et végétale, ainsi que les domaines environnementaux et autres domaines pertinents. Cette formulation a ouvert la voie à l’inclusion de l’approche « Une seule santé » dans l’accord sur les pandémies.

La déclaration 2023 va plus loin en reconnaissant le rôle essentiel de la coopération intersectorielle, notamment entre les principales organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIEA) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), collectivement désignées sous le nom de « Quadripartite ». La reconnaissance par la déclaration du rôle important de la Quadripartite indique que les États membres s’attendent à ce que ce défi multisectoriel soit relevé avec la participation d’institutions intergouvernementales dans l’ensemble de l’interface homme-animal-environnement.

Les États membres ont clairement affirmé dans la déclaration politique 2023 que l’approche « Une seule santé » est vitale, non seulement pour prévenir l’émergence et la propagation des maladies, mais aussi pour permettre un suivi complet et des réponses efficaces aux épidémies dans les systèmes de santé humaine, animale et environnementale, à la fois pendant les périodes interpandémiques et pandémiques. La déclaration indique clairement que la réalisation des objectifs de santé publique et la lutte contre les facteurs de pandémie nécessitent des efforts concertés de la part de secteurs autres que ceux concernés par la santé humaine, ainsi qu’un échange de bonnes pratiques. En d’autres termes, la déclaration de 2023 appelle à une coordination entre les parties prenantes concernées, tant au niveau national qu’international.

L’Accord sur les pandémies, officiellement adopté par l’Assemblée mondiale de la santé le 20 mai 2025, intègre explicitement l’approche « Une seule santé » en tant que principe fondamental de la prévention, de la préparation et de l’intervention en cas de pandémie, pour la première fois dans un instrument international juridiquement contraignant. L’article 1 (b) définit l’approche « Une seule santé » conformément à la définition du Groupe d’experts de haut niveau sur l’approche « Une seule santé » (OHHLEP). L’article 4 demande aux pays, en fonction de leurs capacités, d’établir des plans multisectoriels pour la prévention de la propagation des agents pathogènes à l’interface homme-animal-environnement. Il s’agit notamment d’assurer une surveillance afin d’identifier et de traiter les facteurs de propagation des agents pathogènes zoonotiques et de permettre aux communautés de prévenir, de détecter et de signaler les événements inhabituels en matière de santé publique. L’article 5 encourage en outre les États membres à s’engager à suivre l’approche « Une seule santé » et à prendre en compte les facteurs de pandémie, ainsi qu’à promouvoir la santé humaine, animale et environnementale, notamment en renforçant les capacités de la main-d’œuvre à l’interface homme-animal-environnement par le biais de programmes conjoints de formation et d’éducation permanente. Les articles 4 et 5 soulignent tous deux l’importance du soutien à la mise en œuvre, en particulier dans les pays en développement, notamment par les organisations intergouvernementales compétentes à la demande des États membres.

Une seule santé et une seule prévention : Besoins et lacunes dans la nouvelle déclaration

L’approche « Une seule santé » reconnaît l’interconnexion de la santé humaine, animale et environnementale. Elle est essentielle pour relever des défis sanitaires complexes, notamment l’émergence et la propagation de maladies zoonotiques et la résistance aux antimicrobiens. L’annexe de l’accord sur les pandémies relative à l’accès aux agents pathogènes et au partage des avantages est actuellement rédigée et négociée par les États membres de l’OMS jusqu’à l’Assemblée mondiale de la santé en 2026. Une fois cette annexe finalisée, l’Accord sur les pandémies sera ouvert à la signature et entrera en vigueur après que le soixantième État membre aura confirmé la ratification nationale. Conformément à l’article 5.3 (a), l’Accord sur la pandémie invite les États membres à élaborer, mettre en œuvre et réexaminer des politiques et stratégies nationales qui reflètent l’approche « Une seule santé » en ce qui concerne la prévention et la réduction de la propagation de la pandémie. En outre, pour progresser dans l’opérationnalisation de l’approche « Une seule santé » dans la lutte contre les pandémies, les lacunes de la Déclaration de 2023 doivent être comblées dans la nouvelle Déclaration politique de 2026, dans le but de permettre une mise en œuvre nationale, régionale et internationale efficace des dispositions de l’Accord sur les pandémies. Il s’agit notamment de la nécessité d’engagements clairs pour mettre en œuvre une collaboration intersectorielle pratique, de suivre les directives sur le bien-être animal pour permettre la prévention à la source, d’engagements pour soutenir la mise en œuvre ainsi que d’une intégration plus forte du secteur de l’environnement. Pour rendre opérationnelle l’approche « Une seule santé » face aux pandémies, les éléments suivants sont nécessaires et devraient être pris en compte dans la nouvelle déclaration 2026 :

  • Un engagement à soutenir la coordination multisectorielle entre les ministères et les agences concernés par l’approche « Une seule santé » afin d’étudier, de cartographier, d’évaluer et de réduire le risque de maladies infectieuses émergentes à l’échelle mondiale. Cela comprend la surveillance des réservoirs d’agents pathogènes, l’identification des facteurs de risque à l’origine des épidémies afin de s’attaquer à ces facteurs, l’atténuation des risques, la prévision et la détection précoce des épidémies potentielles.
  • Un engagement à améliorer de manière proactive les efforts de prévention contre la propagation et la réapparition d’agents pathogènes, notamment par l’élaboration et la mise en œuvre de normes plus strictes en matière de bien-être animal afin de traiter, de surveiller et d’atténuer les facteurs à l’origine des épidémies (tels que l’élevage intensif et la perte de biodiversité) et de réduire le potentiel de prolifération, d’émergence et de propagation d’agents pathogènes zoonotiques.
  • Un engagement en faveur d’une collaboration mondiale solide, fondée sur la connaissance au niveau communautaire et sur des preuves scientifiques, qui peut faciliter l’échange de bonnes pratiques, le partage de données de recherche, la sensibilisation à la nécessité d’améliorer le bien-être des animaux, le renforcement des capacités et l’obtention de l’aide technique et financière nécessaire.
  • Des engagements plus forts en matière de financement et de soutien technique pour rendre opérationnelle l’initiative « Une seule santé ».
  • Un engagement à élaborer et à renforcer des instruments internationaux juridiquement contraignants, des législations nationales et des mécanismes multilatéraux pour mettre en œuvre l’approche « Une seule santé » et des mesures de prévention des pandémies qui s’attaquent aux causes profondes de l’apparition des maladies.
  • Un engagement à renforcer la coordination entre les forums internationaux, les instruments et les organisations responsables des différentes étapes de la prévention à la source, afin que les efforts conformes aux mandats existants soient comparés aux étapes fondées sur des données probantes qui sont nécessaires pour une prévention efficace des pandémies, afin d’identifier les lacunes et de développer des actions supplémentaires.
  • Intégration de l’initiative « Une seule santé » dans les aspects de préparation et de réaction aux pandémies : accès équitable aux produits de santé essentiels en cas d’urgence et de pandémie ; innovation, fabrication, transfert de technologie, accès aux agents pathogènes et partage des avantages afin de garantir l’accessibilité des produits de santé dans l’ensemble du spectre de l’initiative « Une seule santé », y compris les vaccins animaux et humains ; opérationnalisation du cadre de préparation à la grippe pandémique (PIP).
  • Reconnaître la coordination et les synergies avec le Plan d’action conjoint quadripartite pour une seule santé (OH-JPA) 2022-2026 qui fournit des conseils politiques et législatifs ainsi qu’une assistance technique pour soutenir la définition d’objectifs et de priorités au niveau national. Il identifie six pistes d’action essentielles pour prévenir les pandémies futures et intégrer l’approche « Une seule santé » en mettant l’accent sur le renforcement des capacités « Une seule santé », la sécurité alimentaire, la résistance aux antimicrobiens, les épidémies et pandémies zoonotiques émergentes et réémergentes, et les maladies tropicales négligées et à transmission vectorielle.
  • Reconnaissance explicite de la résistance aux antimicrobiens comme un défi à relever pour prévenir, préparer et réagir efficacement aux menaces de maladies infectieuses, aux urgences sanitaires et aux pandémies, ce qui nécessite une approche holistique de l’initiative « Une seule santé ».
  • Les amendements au règlement sanitaire international (RSI) sont entrés en vigueur le 19 septembre 2025. Opérationnaliser les capacités de base, la mise en œuvre nationale, la coopération internationale, la coordination intersectorielle et l’accès équitable aux produits de santé essentiels via l’approche « Une seule santé » dans la déclaration politique de 2026.

Conclusion

La déclaration politique des Nations unies de 2023 sur la prévention des pandémies, suivie de l’adoption de l’accord sur les pandémies, représente une reconnaissance historique de l’engagement en faveur de la prévention des pandémies à la source par le biais de l’approche « Une seule santé ». La déclaration des Nations unies de 2026 sur la prévention des pandémies arrive à un moment crucial, à temps pour aider les États membres à prendre des mesures préparatoires en vue d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques et des stratégies nationales et régionales efficaces en faveur d’une seule santé jusqu’à l’entrée en vigueur de l’accord sur les pandémies. Les organisations soussignées demandent instamment aux États membres d’utiliser la déclaration politique des Nations unies de 2026 comme un moyen immédiat de s’engager en faveur de la prévention à la source par le biais de l’approche « Une seule santé ». Il s’agit d’une étape cruciale qui ne peut attendre la finalisation, la ratification et l’entrée en vigueur de l’Accord sur les pandémies. Si nous n’agissons pas maintenant, nous risquons d’être vulnérables à une nouvelle pandémie.

Pour traduire les aspirations en engagements qui alimentent les instruments juridiques internationaux et la législation nationale, il convient de développer ou de renforcer les mécanismes multilatéraux de soutien et de responsabilité. L’intégration de l’initiative « Une seule santé » et des mesures de prévention des pandémies à la source en tant que piliers juridiques exécutoires dans les futurs cadres de PPPR, en particulier dans le cadre de l’accord adopté par l’OMS sur les pandémies, sera essentielle pour faire face aux futures crises sanitaires le plus tôt possible, de manière efficace et équitable.

Cette note d’information a été préparée et est soutenue par :

Action pour la santé animale

Fondation Born Free

Un vert plus éclatant

Brooke Action for Working Horses et

Ânes

FOUR PAWS - VIER PFOTEN International

Ecoflix

Initiative mondiale pour mettre fin à la criminalité liée aux espèces sauvages

Alliance pour la diplomatie de la santé

Coalition internationale pour la protection des animaux

Alliance panafricaine des sanctuaires

Prévenir les pandémies à la source

PREZODE - Prévenir l’émergence de maladies zoonotiques

PROYECTO ARPA MEXICO

Projet ALA Animales Latino América

Fédération mondiale des animaux

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